28 settembre 2015, Globalizzazione ed Europa

Jean-Luc Mélenchon n’hésite plus à prôner une sortie de l’euro

di Laurent De Boissieu

Le député européen et, leader du Front de Gauche, Jean Luc Melenchon s’adresse au journaliste après sa rencontre avec l’ ex- ministre des finances grec Yanis Varoufakis à Paris , le 23 août.
Le Front de gauche est divisé sur la question de l’euro, le Parti de gauche envisageant une sortie de la zone euro, que refuse à l’inverse le PCF.
La question n’est pas nouvelle, et traverse toutes les forces qui souhaitent tourner le dos aux « politiques austéritaires » et à l’« euro-libéralisme » : une alternative est-elle possible sans sortir de l’euro, voire de l’Union européenne ?
Qu’il s’agisse de Jean-Luc Mélenchon en France ou de l’aile gauche dissidente de Syriza en Grèce, la réflexion chemine vers une réponse négative.

Le plan de Jean-Luc Mélenchon contre l’euro

La position du Parti de gauche sur l’euro comporte deux volets. « Plan A » : obtenir une « refonte radicale des traités ». La stratégie pour y parvenir : « construire un rapport de force » avec l’Allemagne à travers une « politique de désobéissance aux traités européens ».
« Plan B », par défaut : sortir de la zone euro. « Si l’alternative qui venait à se présenter était le maintien de la zone euro dans la soumission au carcan néolibéral, ou bien la sortie de l’euro pour appliquer le programme validée par le vote des citoyens, le Parti de gauche opterait sans hésitation pour cette seconde solution », plaide en effet une résolution adoptée dès le conseil national des 9 et 10 avril 2011.
Lors du congrès du Parti de gauche du 3 au 5 juillet 2015, deux tendances se sont dessinées. La première, défendue par 55 % des militants et l’équipe dirigeante, s’en tient à la position traditionnelle : forcer une renégociation des traités européens ou, en cas d’échec, quitter l’Union européenne. La seconde, soutenue par 45 % des militants, suggère carrément d’organiser immédiatement « un référendum de sortie de l’Union européenne ». Quoi qu’il en soit, il s’agit de toute façon d’y être prêt avant les élections.

Souverainisme de gauche

Or, même si les situations de la France et de la Grèce sont différentes, l’expérience du gouvernement grec d’Alexis Tsipras a renforcé chez les antilibéraux l’idée qu’il est illusoire d’espérer changer de l’intérieur l’Union européenne.
« S’il faut choisir entre l’indépendance de la France et l’euro, je choisis l’indépendance. S’il faut choisir entre l’euro et la souveraineté nationale, je choisis la souveraineté nationale », a publiquement et solennellement affirmé Jean-Luc Mélenchon, le 23 août, dans Le Journal du Dimanche . Celui qui parlait dès le 20 août, dans Sud-Ouest , de « nouvel indépendantisme français », effectue donc un pas de plus vers un souverainisme de gauche, sur le modèle de Jean-Pierre Chevènement.
Le Parti de gauche a en outre immédiatement noué des contacts avec le parti grec Unité populaire, créé le 21 août par les dissidents de Syriza favorables à une sortie de l’euro. Troisième force parlementaire, la nouvelle formation ne regroupe cependant pas la totalité de son aile gauche. Ni la présidente du Parlement hellénique, Zoé Konstantopoulou, ni l’ancien ministre des finances, Yanis Varoufakis, ne l’ont effectivement rejoint.
De fait, invité d’honneur, dimanche 23 août, de la Fête de la rose d’Arnaud Montebourg (PS) à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), Yanis Varoufakis n’est favorable ni aux contreparties libérales des plans d’aide à la Grèce ni à une sortie de l’euro.

Le Front de gauche divisé

« Tout le monde n’est pas d’accord sur ce qu’on fait en cas de plan B », a reconnu Jean-Luc Mélenchon en proposant le même jour à Yanis Varoufakis la tenue d’une « conférence européenne du plan B ». Avec l’ambition non pas de « lancer un énième appel pour une autre Europe » mais d’« examiner concrètement tous les scénarios, et leur adaptation à l’intérêt de chaque pays ».
Cette division passe à l’intérieur même du Front de gauche, avec en toile de fond une divergence sur l’origine de l’échec du gouvernement de Syriza en Grèce.
Pour le PCF, Alexis Tsipras s’est simplement heurté, de façon conjoncturelle, au gouvernement allemand d’Angela Merkel. « Les solutions apportées par Tsipras étaient totalement viables et elles restent praticables dans la zone euro. Ce n’est pas la zone euro qui les empêche mais la décision politique prise par les dirigeants allemands et un certain nombre d’autres dirigeants européens de rendre impossible l’expérience politique de Syriza », a avancé Pierre Laurent, son secrétaire national, dans Marianne , le 25 juillet.
Contrairement au Parti de gauche, le PCF soutient d’ailleurs toujours Alexis Tsipras, vice-président du Parti de la gauche européenne que présidé justement Pierre Laurent.
Pour le Parti de gauche, en revanche, l’échec de la gauche antilibérale est structurel en ce qu’il trouve sa source dans les traités européens eux-mêmes. « Le programme du Parti de gauche est incompatible avec l’Union européenne telle qu’elle est définie par les traités », analyse ainsi le texte adopté à son congrès. Le débat n’est pas clos.

(“Le Croix”, 25 agosto 2015)

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